À salaire annuel identique, être payé sur 12 ou 13 mois ne change pas la rémunération brute annuelle totale. La différence porte sur la façon dont cette somme est répartie au cours de l’année.
Prenons un salaire annuel brut de 36 000 €. Sur 12 mois, il correspond à 3 000 € brut par mois. Si ces mêmes 36 000 € sont répartis en 13 fractions égales, chaque fraction représente environ 2 769,23 € brut. Le salarié reçoit donc moins chaque mois, puis une fraction supplémentaire selon les modalités prévues par son entreprise.
Le 13e mois n’est donc pas automatiquement une augmentation. Pour comparer deux emplois, il faut regarder la rémunération annuelle globale, puis vérifier si le 13e mois s’ajoute au salaire annoncé ou s’il est déjà compris dedans.
Salaire sur 12 ou 13 mois : quelle différence concrètement ?
Un salaire versé sur 12 mois offre une rémunération régulière : le salaire annuel est réparti sur les douze mois de l’année. Avec une rémunération sur 13 mois, une partie du revenu est décalée dans le temps.
| Pour 36 000 € brut annuels | Sur 12 mois | Sur 13 mois |
|---|---|---|
| Rémunération annuelle | 36 000 € | 36 000 € |
| Fraction mensuelle brute | 3 000 € | 2 769,23 € environ |
| Nombre de fractions | 12 | 13 |
| Avantage principal | Revenu mensuel plus élevé et régulier | Somme supplémentaire disponible à une période déterminée |
Dans cet exemple, le résultat annuel est strictement identique. Le choix entre les deux formules est avant tout une question de calendrier des versements.
Attention toutefois au vocabulaire employé dans une offre d’emploi. Un employeur qui annonce « 36 000 € brut annuels sur 13 mois » ne propose pas la même chose qu’un employeur annonçant « 36 000 € brut annuels + un 13e mois ». Dans le second cas, le 13e mois peut effectivement venir augmenter la rémunération annuelle, sous réserve des modalités prévues par le contrat, l’accord ou la convention applicable.
Le 13e mois fait-il réellement gagner plus d’argent ?
Non, lorsque le salaire annuel annoncé est simplement réparti en 13 versements au lieu de 12. C’est l’un des principaux pièges lors de la comparaison de deux offres d’emploi.
Supposons une première offre à 3 000 € brut mensuels sur 12 mois. La rémunération annuelle atteint 36 000 €.
Une deuxième entreprise propose 2 800 € brut « sur 13 mois ». La rémunération annuelle atteint alors 36 400 €. Malgré une mensualité nettement inférieure, la seconde proposition est légèrement supérieure sur l’année.
À l’inverse, comparer uniquement les mentions « 12 mois » et « 13 mois » n’a guère de sens. Le bon réflexe consiste à multiplier la rémunération mensuelle par le nombre de mensualités garanties, puis à ajouter les éventuels éléments fixes qui ne sont pas déjà inclus.
Il faut également distinguer le 13e mois garanti d’une prime variable sur objectifs ou d’une prime exceptionnelle. Ces rémunérations ne présentent pas le même degré de certitude.
Comment comparer deux offres d’emploi sur 12 et 13 mois ?
Le salaire brut annuel garanti constitue le meilleur point de départ. Lors d’un entretien, demander explicitement si le montant annoncé inclut le 13e mois évite une grande partie des malentendus.
Par exemple, une offre à 40 000 € brut annuels sur 13 mois correspond à environ 3 076,92 € par fraction. Pour connaître son équivalent mensuel lissé sur douze mois, il suffit de calculer 40 000 ÷ 12, soit environ 3 333,33 € brut par mois.
Cette conversion permet de mettre les offres sur une base commune. Il reste ensuite à comparer les autres composantes de la rémunération : variable, intéressement, participation, avantages en nature ou primes garanties.
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Une question simple permet également d’éviter les mauvaises surprises : « Quel est le montant brut annuel garanti, 13e mois compris, hors rémunération variable ? »
Le 13e mois est-il obligatoire en France ?
Il n’existe pas de droit général au 13e mois applicable à tous les salariés. Son versement peut notamment résulter du contrat de travail, d’une convention ou d’un accord collectif, ou encore d’un usage applicable dans l’entreprise.
Les conditions doivent donc être recherchées dans le texte qui institue cet avantage. Elles peuvent concerner l’ancienneté, la présence dans l’entreprise, les périodes prises en compte pour le calcul ou encore la date de paiement.
Les conventions collectives montrent à quel point les modalités peuvent varier. Dans la convention collective de l’immobilier, par exemple, la gratification est acquise au prorata du temps de présence et peut être fractionnée en deux versements semestriels. D’autres conventions prévoient leurs propres conditions d’ancienneté, de calcul et de présence.
Il faut donc éviter d’appliquer à son entreprise la règle observée chez un autre employeur, même lorsque les deux parlent de « 13e mois ».
Comment le 13e mois est-il versé ?
Le calendrier dépend du dispositif applicable dans l’entreprise. Un versement en décembre est fréquent, mais ce n’est pas une règle universelle.
Le 13e mois peut notamment être payé en une fois en fin d’année ou être fractionné, par exemple entre deux échéances semestrielles. Certaines conventions collectives prévoient explicitement cette possibilité.
Le montant n’est pas davantage uniforme. Selon le dispositif, il peut correspondre à un mois de salaire, à une fraction de certaines rémunérations perçues pendant l’année ou à une assiette précisément définie par la convention collective.
La fiche de paie et les textes applicables doivent donc être examinés avant de considérer qu’un « 13e mois » équivaut nécessairement au dernier salaire mensuel à l’euro près.
12 ou 13 mois : quelle formule est la plus intéressante pour votre budget ?
Lorsque la rémunération annuelle est identique, la différence devient surtout comportementale et financière.
Le salaire sur 12 mois donne davantage de liberté
Recevoir son salaire annuel en douze fractions permet de disposer plus tôt de son argent. C’est intéressant pour un salarié qui gère précisément son budget et met lui-même de l’argent de côté chaque mois.
Il peut, par exemple, automatiser un virement vers son épargne dès le versement du salaire. Il conserve ainsi la maîtrise du montant épargné et du moment où cette somme devient disponible.
Le 13e mois peut fonctionner comme une épargne forcée
Pour d’autres salariés, percevoir une somme plus importante à une période précise facilite la gestion des grosses dépenses annuelles. Le versement peut servir aux vacances, aux fêtes de fin d’année, à une dépense exceptionnelle ou à l’épargne.
Le revers est une mensualité ordinaire plus faible lorsque le salaire annuel a réellement été divisé en treize parts. Pour un foyer dont les charges fixes sont élevées, quelques centaines d’euros de différence chaque mois peuvent avoir davantage d’importance qu’un versement supplémentaire en fin d’année.
À rémunération annuelle égale, il n’existe donc pas de formule universellement supérieure : 12 mois privilégient la trésorerie mensuelle, 13 mois imposent davantage de différer une partie du revenu.
Estimez le capital que vous pouvez constituer avec une épargne initiale et des versements réguliers.
Que devient le 13e mois en cas de démission ou de licenciement ?
C’est probablement le point sur lequel il faut être le plus prudent. Le départ en cours d’année ne donne pas automatiquement droit, dans toutes les entreprises, au même prorata de 13e mois.
Tout dépend du texte qui institue la prime et de ses conditions. Certaines conventions prévoient explicitement un versement proportionnel au temps de présence en cas de démission ou de licenciement. La convention collective des agences de presse prévoit, par exemple, un nombre de douzièmes lié au temps passé dans l’entreprise. La convention de l’immobilier prévoit également une gratification au prorata pour les salariés quittant l’entreprise en cours d’année.
D’autres dispositifs peuvent prévoir des conditions différentes, notamment liées à l’ancienneté ou à la présence à une date donnée. Il est donc dangereux d’affirmer qu’un salarié démissionnant en novembre touchera nécessairement onze douzièmes de son 13e mois.
Avant une démission ou une rupture conventionnelle, il faut vérifier le contrat de travail, la convention collective, les accords applicables et, le cas échéant, les règles issues d’un usage d’entreprise. Cette vérification permet de savoir si une fraction du 13e mois doit apparaître sur le solde de tout compte.
Comment calculer le prorata du 13e mois ?
Lorsque le dispositif applicable prévoit une proratisation proportionnelle au nombre de mois de présence, le principe peut être illustré simplement.
Avec un 13e mois complet de 3 000 € et neuf mois retenus pour le calcul, un prorata purement mensuel donnerait : 3 000 × 9 ÷ 12 = 2 250 € brut.
Mais cet exemple n’est pas une règle juridique universelle. Le texte applicable peut prévoir une méthode différente, des conditions d’ancienneté, une définition particulière du temps de présence ou un traitement spécifique de certaines absences.
C’est pourquoi le calcul doit toujours commencer par la lecture de la convention collective, de l’accord, du contrat ou du dispositif qui crée le 13e mois.
Le 13e mois est-il soumis aux cotisations et à l’impôt ?
Lorsqu’il constitue un élément de rémunération, le 13e mois entre dans la rémunération du salarié et supporte les prélèvements sociaux et fiscaux applicables au salaire.
Son versement concentré sur un mois peut donc faire fortement augmenter le brut et le net de la fiche de paie concernée, ainsi que le montant du prélèvement à la source prélevé ce mois-là. Cela ne signifie pas qu’un taux d’imposition spécial serait appliqué au 13e mois : le prélèvement dépend du taux transmis à l’employeur et de l’assiette imposable du mois.
Il est préférable de ne pas comparer le seul « net à payer » d’un mois avec 13e mois à celui d’un mois ordinaire pour en déduire son coût fiscal annuel.
Le 13e mois compte-t-il pour le chômage, les arrêts maladie ou un crédit immobilier ?
Une rémunération ayant le caractère de salaire peut être prise en compte dans différents calculs sociaux selon les règles propres au dispositif concerné. Il ne faut cependant pas supposer qu’une banque, l’Assurance maladie et l’assurance chômage utilisent exactement la même assiette ou la même période de référence.
Pour un crédit immobilier, l’établissement prêteur examine les revenus retenus dans son analyse de solvabilité. Un 13e mois régulier et justifiable peut être considéré différemment d’une prime exceptionnelle ou variable. Les pratiques d’analyse peuvent varier d’un prêteur à l’autre.
La distinction entre revenu fixe garanti et prime discrétionnaire est donc importante : deux sommes identiques sur une fiche de paie ne présentent pas nécessairement la même stabilité à long terme.
Faut-il négocier son salaire sur 12 ou 13 mois ?
La priorité consiste moins à négocier le nombre de versements qu’à négocier le salaire annuel brut garanti. Une rémunération de 45 000 € sur 12 mois et une rémunération de 45 000 € répartie en 13 fractions représentent, avant prise en compte des modalités particulières, la même enveloppe annuelle.
Si le choix est réellement possible à rémunération annuelle constante, 12 mois conviennent généralement mieux à celui qui préfère disposer immédiatement de son revenu et gérer lui-même son épargne. Le 13e mois peut davantage convenir à celui qui apprécie de réserver mécaniquement une partie de sa rémunération à une grosse dépense ou à l’épargne.
Lors d’une embauche, quatre informations comptent surtout : le salaire brut annuel garanti, l’inclusion ou non du 13e mois dans ce montant, les modalités de versement et les conditions permettant d’acquérir la prime en cas d’arrivée ou de départ en cours d’année.
FAQ sur le salaire versé sur 12 ou 13 mois
Est-ce qu’un employeur est obligé de verser un 13e mois ?
Pas de manière générale. Le 13e mois devient obligatoire pour l’employeur lorsqu’il résulte d’une source qui lui est opposable, par exemple une convention ou un accord collectif, le contrat de travail ou, sous certaines conditions, un usage d’entreprise.
Est-ce que le 13e mois signifie que l’on gagne davantage ?
Pas si le salaire annuel est simplement réparti en 13 fractions. Un salaire de 36 000 € annuels reste de 36 000 €, qu’il soit réparti sur 12 ou 13 mois. En revanche, un véritable 13e mois ajouté à une rémunération annuelle qui ne l’inclut pas augmente la rémunération globale.
Comment calculer un salaire annuel versé sur 13 mois ?
Pour obtenir la valeur d’une fraction mensuelle, divisez le salaire annuel par 13. Pour 39 000 € brut annuels, cela représente 3 000 € brut par fraction. Pour obtenir l’équivalent mensuel lissé sur l’année, divisez en revanche 39 000 € par 12, soit 3 250 €.
Ai-je droit au prorata du 13e mois si je démissionne ?
Cela dépend des règles qui instituent le 13e mois dans l’entreprise. Certaines conventions prévoient expressément le prorata en cas de démission, tandis que d’autres dispositifs peuvent fixer des conditions différentes. Il faut donc vérifier le texte applicable avant le départ.
Vaut-il mieux être payé sur 12 ou 13 mois ?
À salaire annuel identique, 12 mois offrent davantage de revenu disponible chaque mois. Un versement sur 13 mois reporte une fraction de la rémunération et peut jouer le rôle d’une épargne forcée. Financièrement, le point essentiel reste le montant annuel garanti.